« So, où est-ce qu’on mange? »
La question fatidique. Combien de chicanes dans le monde ont suivi cette indécision?
Un peu de changement s’impose.
« Oncle Lee? »
« Yo! J’allais te proposer la même chose! »
Great minds think alike.
Je sens une proximité en arrivant. L’hôtesse aborde une excellente humeur.
« C’est votre première fois ici? » demande la serveuse. C’est la mienne. Elle nous explique la formule, mais je décroche : j’ai l’impression de l’avoir déjà vue quelque part. Elle énumère les spéciaux : salade de tomate, concombre et croûtons sur une vinaigrette mayo-miso épicée. Ça me parle. J’espère qu’Andrew aime les légumes.
On discute stratégie. Dans mon esprit, le steak est mandatoire. « What if we take the duck? »
Canard à la pékinoise et ses fixings. Fudge. Je suis un people pleaser. J’y aurais goûté, mais je l’aurais pas commandé. Le magret, c’est pas toujours mon trip. Mais ça fait longtemps qu’on s’est vus et je sais qu’il adore ça. On demandera l’avis de la serveuse. « Si vous voulez mon avis, je préfère le canard. ». C’est réglé. Mon voyage cet été à Baie-Saint-Paul m’a réconcilié avec la bête plumée, alors pourquoi pas.
On accompagne ça d’une salade miso, d’un chow mein croustillant aux fruits de mer, et en entrée, des bouchées de saumon sur riz croustillant et des huîtres steamées à la fève noire.
Fast forward. Le canard arrive, et je suis ému. L’assiette est superbe : le magret, tranché finement, exhibe sa peau dorée comme une armure; la cuisse, effilochée, fond dans la sauce laquée. Autour, des petits pancakes tièdes, des condiments, des pickles, des sauces à étages de saveurs. Tout est pensé, balancé.
Le chow mein croustillant déborde de crevettes, de calmars et de pétoncles, la salade miso rafraîchit juste assez pour relancer la conversation. Et les huîtres steamées? Des bijoux. La vapeur concentre tout ce qu’on aime de la mer, amplifié par la sauce aux fèves. Andrew et moi, on se regarde, mi-repus, mi-souriants.
« C’était une maudite bonne idée, bro. »
En sortant, la nuit s’est rafraîchie, mais je ne ressens rien. Peut-être parce qu’Oncle Lee, ce soir-là, m’a réchauffé de l’intérieur.






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