Je voulais commencer mes critiques littéraires par quelque chose de local et éviter de me perdre dans un livre de cuisine danois où tout est fermenté dans de la neige. C’est tombé sur Mama Ghannouj, de Dima Adra et honnêtement, je pouvais difficilement mieux tomber. Ce livre, c’est un peu comme ouvrir la porte d’une cuisine où l’odeur de l’aubergine grillée t’accueil avant même que quelqu’un dise bonjour. Chaque recette donne l’impression que ta tante préférée t’appelle « habibi » pendant que tu pleures en coupant tes oignons
Ce n’est pas seulement un recueil de recettes : c’est un portrait intime de la cuisine levantine. On sent la main qui a touché la braise, les histoires qui mijotent plus longtemps que les plats eux-mêmes. Le livre mélange anecdotes, héritage familial et techniques, avec un style qui ne cherche pas le spectacle, juste la vérité du goût.
Les recettes sont accessibles, mais jamais simplistes. Le ton est chaleureux sans tomber dans le cliché. Tu as vraiment l’impression qu’une tante t’explique comment « vraiment » torréfier le sésame. Tu comprends enfin pourquoi ton hummus maison goûte le vieux cannage alors que le leur goûte Beyrouth au printemps.
Graphiquement, c’est propre et lumineux, un peu comme une table dressée juste avant que les invités arrivent. Et surtout, ça donne envie de cuisiner pour quelqu’un, ce qui est, au fond, la meilleure définition d’un bon livre de cuisine et synonyme de l’hospitalité libanaise.
Mama Ghannouj réussit ce qu’on attend d’un bel ouvrage culinaire. Il raconte Montréal autant qu’il raconte le Moyen-Orient. C’est le genre de livre qui finit tâché de tahini, et c’est le meilleur compliment qu’on peut lui faire.


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