Le bonheur jaune orange.

Qui a eu la chance de voir la scène du film Chef dans laquel le personnage de Jon Favreau fait un grilled cheese? Le chef beurre le pain comme on borde un enfant. Il écoute la poêle comme si elle avait un secret. Il attend que ça fonde comme d’autres attendent un miracle. C’est pas un sandwich. C’est un moment de grâce, croustillant des deux côtés.

Le grilled cheese, c’est la preuve qu’on peut grandir sans renier d’où on vient. Un pied dans un confort d’antan, l’autre dans la gastronomie.

D’abord un carré, orange fluo, l’or industriel de notre enfance, fondant sous une montagne de nostalgie. Pain blanc, beurre ou margarine. C’était gras, simple, parfois un peu triste, et pourtant, parfait.

Aujourd’hui, on parle de levain, de cheddar vieilli, de raclette fumée, de kimchi… Comme si on voulait prouver quelque chose.

Mais la vérité ? Les deux mondes sont beaux. Un grilled cheese, ce n’est pas une hiérarchie. C’est un souvenir qui fond.

• Le pain fait la promesse
Fine mie ou miche au levain, peu importe la généalogie boulangère. Ce qui compte, c’est le contraste: croquant dehors, câlin dedans. Si le pain chante à la poêle, tu risques de bien manger.


• Beurre ou mayo ?
Les débats religieux ne m’intéressent pas. Le beurre donne du goût. La mayo donne du croustillant. Je préfère le combo huile d’olive et beurre, cuit lentement. Petit train (ou pain) va loin.


• Le fromage, l’âme
Cheddar industriel ou comté affiné, l’important, c’est qu’il fonde et qu’il réconforte. Le fromage orange, ce n’est pas une faute de goût. C’est un souvenir. Et les souvenirs n’ont pas à être artisanaux pour être vrais. Évitez d’utiliser que des fromages trop fermes, ils fondent peu.


• Les extras, avec pudeur
Oui au kimchi. Oui aux tomates séchées. Oui au bacon, aux cornichons, aux oignons. Mais un grilled cheese doit garder sa pudeur. On n’écrit pas un roman quand une phrase suffit.

La vérité, c’est qu’un grilled cheese, c’est une émotion chaude tenue entre deux tranches. Peu importe le pain, le fromage, la graisse. Ce qui compte, c’est le geste: presser doucement, écouter grésiller, attendre que ça fonde.


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