La culture japonaise fait partie de moi depuis l’enfance. Comme beaucoup de milléniaux, j’ai grandi avec les animés et les plats que les personnages avalaient en deux secondes : ramens brûlants, onigiri parfaits, bols de riz qui semblaient changer des vies. J’ai longtemps rêvé d’aller goûter ces plats au Japon, mais faute de budget, j’ai plutôt cherché des adresses ici. Et parmi elles, une seule s’est imposée comme mon refuge : le Kitano Shokudo du chef Hiroshi Kitano.
Si t’as déjà essayé de couper ton poisson pour faire des sushis maison, tu sais que c’est un art. L’angle, la lame, le geste, rien n’est laissé au hasard. J’ai abandonné mes tentatives et je laisse Hiroshi s’occuper de mes sashimis et nigiris. Sa sélection vient principalement du Japon, mais il n’hésite pas à travailler les produits d’ici dès que la saison le permet.
Les ramens, eux, se mangent vite. Les nouilles continuent de cuire dans le bouillon, alors faut slurp pendant qu’elles sont encore parfaites. Pas l’idéal pour une date night, mais moi j’y vais seul, assis au comptoir, à regarder sempai cuisiner avec une précision presque hypnotique. Aucun geste de trop.
Et puis il y a les mazemens, des nouilles sans bouillon, que Hiroshi décline du canard confit à l’ikura (œuf de saumon), en passant par une carbonara à l’oursin qui devrait être considérée comme un classique immédiat.
Le service ne déçoit jamais. Sam, Dom ou Mishi, chacun te reçoit avec une chaleur qui donne l’impression d’être un habitué depuis toujours.
En sortant, je réalise toujours la même chose : dans une ville où les bonnes adresses se multiplient, Kitano reste unique. C’est l’endroit où je retourne quand j’ai besoin de calme, de précision, et d’un bol qui goûte quelque chose que j’ai longtemps cherché dans les dessins animés de mon enfance. Un restaurant que j’ai essayé de garder pour moi… Et que je partage maintenant, un peu à contrecœur, parce que certaines perles méritent d’être reconnues.


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